{"id":320,"date":"2014-10-06T01:01:48","date_gmt":"2014-10-06T01:01:48","guid":{"rendered":"http:\/\/nepalplus.com\/french\/?p=320"},"modified":"2014-10-06T01:14:11","modified_gmt":"2014-10-06T01:14:11","slug":"le-qatar-une-economie-qui-fabrique-des-parias","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/nepalplus.com\/french\/content\/320.html","title":{"rendered":"Le Qatar, une \u00e9conomie qui fabrique des parias"},"content":{"rendered":"<div id=\"_mcePaste\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">\u25cf <\/span><span class=\"auteur\" style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><strong>Tristan Brusl\u00e9 <\/strong><\/span><\/div>\n<div><a href=\"http:\/\/nepalplus.com\/french\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/1676424_3_81e7_des-travailleurs-migrants-sur-un-chantier_dac8dc192f50ff3739b14a892a217aec.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-321\" title=\"1676424_3_81e7_des-travailleurs-migrants-sur-un-chantier_dac8dc192f50ff3739b14a892a217aec\" src=\"http:\/\/nepalplus.com\/french\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/1676424_3_81e7_des-travailleurs-migrants-sur-un-chantier_dac8dc192f50ff3739b14a892a217aec.jpg\" alt=\"\" width=\"448\" height=\"224\" srcset=\"https:\/\/nepalplus.com\/french\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/1676424_3_81e7_des-travailleurs-migrants-sur-un-chantier_dac8dc192f50ff3739b14a892a217aec.jpg 900w, https:\/\/nepalplus.com\/french\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/1676424_3_81e7_des-travailleurs-migrants-sur-un-chantier_dac8dc192f50ff3739b14a892a217aec-300x150.jpg 300w, https:\/\/nepalplus.com\/french\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/1676424_3_81e7_des-travailleurs-migrants-sur-un-chantier_dac8dc192f50ff3739b14a892a217aec-170x85.jpg 170w\" sizes=\"(max-width: 448px) 100vw, 448px\" \/><\/a><\/div>\n<div>Il n&#8217;est pas de richesses sans hommes, le Qatar l&#8217;a bien compris. Sa population vient de d\u00e9passer les 2 millions d&#8217;habitants, parmi lesquels on compte 10% de citoyens. Les \u00e9trangers forment plus de 95% de la main-d&#8217;\u0153uvre et cr\u00e9ent, litt\u00e9ralement, la richesse du pays. Mais dans une r\u00e9gion o\u00f9 la non-int\u00e9gration des \u00e9trangers est une politique assum\u00e9e, faire vivre l&#8217;\u00e9tranger est une question de morale politique non assum\u00e9e. La fascination pour le &#8220;soft power&#8221; qatari, son architecture ostentatoire ou ses investissements sportifs ne doit pas masquer le traitement indigne des travailleurs \u00e0 bas revenus, cat\u00e9gorie la plus vaste et la plus m\u00e9pris\u00e9e. M\u00eame les remous provoqu\u00e9s par la r\u00e9cente enqu\u00eate du Guardian \u00e0 propos de situations de travail forc\u00e9 et des nombreux morts n\u00e9palais risquent de faire long feu. En effet, au-del\u00e0 des travaux gigantesques li\u00e9s \u00e0 l&#8217;organisation de la Coupe du monde de football en 2022, le fonctionnement de l&#8217;\u00e9conomie qatarie repose de mani\u00e8re structurelle sur l&#8217;exclusion \u00e0 la fois l\u00e9gale et spatiale des travailleurs migrants.<!--more--><\/div>\n<div id=\"_mcePaste\">Le syst\u00e8me du parrainage constitue, dans le Golfe comme au Qatar, la pierre angulaire de la gestion des migrants. Sans parrain \u2013 personne morale ou physique qatarie \u2013, pas de r\u00e9sidence ni de travail. Le parrain tient captifs ses travailleurs, qui ne peuvent changer de travail ni sortir du pays sans son autorisation. Sans pouvoir compter sur une assistance l\u00e9gale collective \u2013 les syndicats sont interdits \u2013, les individus en sont r\u00e9duits en cas de probl\u00e8me \u00e0 se tourner vers leur ambassade. Ainsi, chaque jour, au moins cent N\u00e9palais y vont se plaindre du non-versement de salaires, de conditions de vie d\u00e9gradantes, d&#8217;un retour au pays impossible ou d&#8217;un changement de travail non d\u00e9sir\u00e9. Et une vingtaine de r\u00e9fugi\u00e9s, dont beaucoup de femmes employ\u00e9es domestiques, habitent en permanence un local consulaire, apr\u00e8s avoir fui un patron abusif. Que des situations de travail forc\u00e9 existent, c&#8217;est certain, mais c&#8217;est sans doute moins fr\u00e9quent que les situations o\u00f9 la domination du patron est totale et la n\u00e9gociation impossible. Si la loi promet la couverture m\u00e9dicale g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, rares sont ceux qui ont acc\u00e8s aux h\u00f4pitaux publics. Quant aux causes des d\u00e9c\u00e8s (trois N\u00e9palais tous les quatre jours en 2012), en l&#8217;absence d&#8217;\u00e9tudes post mortem approfondies, 50% des N\u00e9palais (dont la majorit\u00e9 a entre 25 et 35 ans) succomberaient \u00e0 des causes dites &#8220;naturelles&#8221;, comme l&#8217;arr\u00eat cardiaque.<\/div>\n<div><\/div>\n<div id=\"_mcePaste\">Au Qatar, la gestion des populations d\u00e9sir\u00e9es pour leur travail mais vues comme ind\u00e9sirables a pour corollaire une volont\u00e9 d&#8217;invisibilisation. A 15 km du centre-ville, la zone industrielle de Doha accueille toutes les activit\u00e9s consid\u00e9r\u00e9es comme polluantes: ateliers m\u00e9caniques, petites usines, cimenteries, mais aussi les camps de travailleurs. Ce mode d&#8217;h\u00e9bergement est utilis\u00e9 pour loger plus d&#8217;un million de personnes, au m\u00e9pris de toute consid\u00e9ration de bien-\u00eatre. Le camp est un espace ultrafonctionnel dans lequel les hommes et les femmes sont entass\u00e9s. Toutes les r\u00e8gles \u00e9dict\u00e9es par la loi du travail sont quasi syst\u00e9matiquement viol\u00e9es. Les lits superpos\u00e9s, voire \u00e0 trois niveaux, sont la r\u00e8gle, malgr\u00e9 leur interdiction. L&#8217;espace personnel est r\u00e9duit \u00e0 son minimum, loin des 4 m2 r\u00e9glementaires. Les sanitaires sont souvent dans un \u00e9tat d\u00e9plorable et l&#8217;environnement g\u00e9n\u00e9ral est d\u00e9crit par un N\u00e9palais comme &#8220;pas fait pour les \u00eatres humains&#8221;. Entre la poussi\u00e8re omnipr\u00e9sente, les norias de bus et de camions, l&#8217;absence de trottoirs, d&#8217;\u00e9clairage nocturne ou d&#8217;espaces verts, le d\u00e9cor de la zone industrielle est l&#8217;inverse du Doha clinquant qui suscite l&#8217;admiration de nombreux commentateurs.<\/div>\n<div><\/div>\n<div id=\"_mcePaste\"><strong>&#8220;PRISON \u00c0 CIEL OUVERT&#8221;?<\/strong><\/div>\n<div><\/div>\n<div id=\"_mcePaste\">A ce traitement indigne des hommes, enferm\u00e9s dans des zones mal connect\u00e9es aux centres et totalement d\u00e9pourvues d&#8217;int\u00e9r\u00eat, il faut ajouter l&#8217;exclusion temporelle du vendredi. Lors du &#8220;jour de la famille&#8221;, le zoo, les promenades du bord de mer \u00e0 Doha et Al-Khor, les parcs publics et les principaux centres commerciaux sont interdits d&#8217;acc\u00e8s aux hommes c\u00e9libataires sud-asiatiques: seules les familles sont autoris\u00e9es.<\/div>\n<div><\/div>\n<div id=\"_mcePaste\">Ces politiques urbaines discriminatoires r\u00e9pondent aux souhaits d&#8217;une population qui se sent menac\u00e9e culturellement et d\u00e9mographiquement. Le Qatar est-il d\u00e8s lors une &#8220;prison \u00e0 ciel ouvert&#8221;? Les mots de l&#8217;ambassadrice n\u00e9palaise \u00e0 Doha, qu&#8217;elle a ni\u00e9 avoir prononc\u00e9s apr\u00e8s que le Qatar a demand\u00e9 son renvoi, sont bien pr\u00e9sents dans la bouche des migrants, qui vivent dans leur chair les multiples restrictions. &#8220;C&#8217;est comme une prison ici. Quand on vient, on le sait. On reste deux ans dans une cage et on rentre chez nous&#8221;, dit par exemple un jeune N\u00e9palais.<\/div>\n<div><\/div>\n<div id=\"_mcePaste\">Les ouvriers migrants sont victimes \u00e0 la fois de cha\u00eenes de sous-traitance qui diluent les responsabilit\u00e9s des entreprises donneuses d&#8217;ordres et de comportements discriminatoires auxquels ils n&#8217;ont pas les moyens de faire face. Si des hommes d&#8217;affaires fran\u00e7ais se retrouvent emp\u00eatr\u00e9s dans le syst\u00e8me du &#8220;sponsorship&#8221;, comment un N\u00e9palais non anglophone et \u00e0 l&#8217;inf\u00e9riorit\u00e9 int\u00e9rioris\u00e9e peut-il se sortir d&#8217;un tel syst\u00e8me? Au-del\u00e0 de l&#8217;argument &#8220;ils sont mieux pay\u00e9s que chez eux et ils ont choisi de venir&#8221;, qui permet d&#8217;\u00e9vacuer toute responsabilit\u00e9 dans le traitement des travailleurs, il importe de rendre dignes ceux qui font la richesse et la puissance du pays. Les bonnes intentions affich\u00e9es par la FIFA ou le Qatar ne doivent pas rester, une fois de plus, \u00e0 l&#8217;\u00e9tat de v\u0153u pieux. Le syst\u00e8me qui consiste \u00e0 priver les migrants de leurs droits doit cesser. Le Qatar, dont l&#8217;image est en jeu, doit renforcer ses contr\u00f4les et ne plus se d\u00e9fausser.<\/div>\n<div><\/div>\n<div id=\"_mcePaste\">La responsabilit\u00e9 est bien celle du Qatar, qui doit augmenter le nombre d&#8217;inspecteurs du travail \u2013 jusqu&#8217;ici 150 personnes, dont aucune ne parle les langues asiatiques. Enfin, la responsabilit\u00e9 des entreprises est aussi engag\u00e9e. Pousser des cris d&#8217;orfraie ou faire mine de d\u00e9couvrir des situations \u00e9pouvantables ne suffit pas. Il faut que les entreprises, pas seulement celles li\u00e9es \u00e0 la Coupe du monde, s&#8217;engagent concr\u00e8tement pour un traitement \u00e9thique des travailleurs et pour la remise en question du syst\u00e8me du parrainage.<\/div>\n<p>Il n&#8217;est pas de richesses sans hommes, le Qatar l&#8217;a bien compris. Sa population vient de d\u00e9passer les 2 millions d&#8217;habitants, parmi lesquels on compte 10% de citoyens. Les \u00e9trangers forment plus de 95% de la main-d&#8217;\u0153uvre et cr\u00e9ent, litt\u00e9ralement, la richesse du pays. Mais dans une r\u00e9gion o\u00f9 la non-int\u00e9gration des \u00e9trangers est une politique assum\u00e9e, faire vivre l&#8217;\u00e9tranger est une question de morale politique non assum\u00e9e. La fascination pour le &#8220;soft power&#8221; qatari, son architecture ostentatoire ou ses investissements sportifs ne doit pas masquer le traitement indigne des travailleurs \u00e0 bas revenus, cat\u00e9gorie la plus vaste et la plus m\u00e9pris\u00e9e. M\u00eame les remous provoqu\u00e9s par la r\u00e9cente enqu\u00eate du Guardian \u00e0 propos de situations de travail forc\u00e9 et des nombreux morts n\u00e9palais risquent de faire long feu. En effet, au-del\u00e0 des travaux gigantesques li\u00e9s \u00e0 l&#8217;organisation de la Coupe du monde de football en 2022, le fonctionnement de l&#8217;\u00e9conomie qatarie repose de mani\u00e8re structurelle sur l&#8217;exclusion \u00e0 la fois l\u00e9gale et spatiale des travailleurs migrants.Le syst\u00e8me du parrainage constitue, dans le Golfe comme au Qatar, la pierre angulaire de la gestion des migrants. Sans parrain \u2013 personne morale ou physique qatarie \u2013, pas de r\u00e9sidence ni de travail. Le parrain tient captifs ses travailleurs, qui ne peuvent changer de travail ni sortir du pays sans son autorisation. Sans pouvoir compter sur une assistance l\u00e9gale collective \u2013 les syndicats sont interdits \u2013, les individus en sont r\u00e9duits en cas de probl\u00e8me \u00e0 se tourner vers leur ambassade.<\/p>\n<p>Ainsi, chaque jour, au moins cent N\u00e9palais y vont se plaindre du non-versement de salaires, de conditions de vie d\u00e9gradantes, d&#8217;un retour au pays impossible ou d&#8217;un changement de travail non d\u00e9sir\u00e9. Et une vingtaine de r\u00e9fugi\u00e9s, dont beaucoup de femmes employ\u00e9es domestiques, habitent en permanence un local consulaire, apr\u00e8s avoir fui un patron abusif. Que des situations de travail forc\u00e9 existent, c&#8217;est certain, mais c&#8217;est sans doute moins fr\u00e9quent que les situations o\u00f9 la domination du patron est totale et la n\u00e9gociation impossible. Si la loi promet la couverture m\u00e9dicale g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, rares sont ceux qui ont acc\u00e8s aux h\u00f4pitaux publics. Quant aux causes des d\u00e9c\u00e8s (trois N\u00e9palais tous les quatre jours en 2012), en l&#8217;absence d&#8217;\u00e9tudes post mortem approfondies, 50% des N\u00e9palais (dont la majorit\u00e9 a entre 25 et 35 ans) succomberaient \u00e0 des causes dites &#8220;naturelles&#8221;, comme l&#8217;arr\u00eat cardiaque.<br \/>\nAu Qatar, la gestion des populations d\u00e9sir\u00e9es pour leur travail mais vues comme ind\u00e9sirables a pour corollaire une volont\u00e9 d&#8217;invisibilisation. A 15 km du centre-ville, la zone industrielle de Doha accueille toutes les activit\u00e9s consid\u00e9r\u00e9es comme polluantes: ateliers m\u00e9caniques, petites usines, cimenteries, mais aussi les camps de travailleurs. Ce mode d&#8217;h\u00e9bergement est utilis\u00e9 pour loger plus d&#8217;un million de personnes, au m\u00e9pris de toute consid\u00e9ration de bien-\u00eatre. Le camp est un espace ultrafonctionnel dans lequel les hommes et les femmes sont entass\u00e9s. Toutes les r\u00e8gles \u00e9dict\u00e9es par la loi du travail sont quasi syst\u00e9matiquement viol\u00e9es. Les lits superpos\u00e9s, voire \u00e0 trois niveaux, sont la r\u00e8gle, malgr\u00e9 leur interdiction. L&#8217;espace personnel est r\u00e9duit \u00e0 son minimum, loin des 4 m2 r\u00e9glementaires. Les sanitaires sont souvent dans un \u00e9tat d\u00e9plorable et l&#8217;environnement g\u00e9n\u00e9ral est d\u00e9crit par un N\u00e9palais comme &#8220;pas fait pour les \u00eatres humains&#8221;. Entre la poussi\u00e8re omnipr\u00e9sente, les norias de bus et de camions, l&#8217;absence de trottoirs, d&#8217;\u00e9clairage nocturne ou d&#8217;espaces verts, le d\u00e9cor de la zone industrielle est l&#8217;inverse du Doha clinquant qui suscite l&#8217;admiration de nombreux commentateurs.<br \/>\n&#8220;PRISON \u00c0 CIEL OUVERT&#8221;?<br \/>\nA ce traitement indigne des hommes, enferm\u00e9s dans des zones mal connect\u00e9es aux centres et totalement d\u00e9pourvues d&#8217;int\u00e9r\u00eat, il faut ajouter l&#8217;exclusion temporelle du vendredi. Lors du &#8220;jour de la famille&#8221;, le zoo, les promenades du bord de mer \u00e0 Doha et Al-Khor, les parcs publics et les principaux centres commerciaux sont interdits d&#8217;acc\u00e8s aux hommes c\u00e9libataires sud-asiatiques: seules les familles sont autoris\u00e9es.<br \/>\nCes politiques urbaines discriminatoires r\u00e9pondent aux souhaits d&#8217;une population qui se sent menac\u00e9e culturellement et d\u00e9mographiquement. Le Qatar est-il d\u00e8s lors une &#8220;prison \u00e0 ciel ouvert&#8221;? Les mots de l&#8217;ambassadrice n\u00e9palaise \u00e0 Doha, qu&#8217;elle a ni\u00e9 avoir prononc\u00e9s apr\u00e8s que le Qatar a demand\u00e9 son renvoi, sont bien pr\u00e9sents dans la bouche des migrants, qui vivent dans leur chair les multiples restrictions. &#8220;C&#8217;est comme une prison ici. Quand on vient, on le sait. On reste deux ans dans une cage et on rentre chez nous&#8221;, dit par exemple un jeune N\u00e9palais.<br \/>\nLes ouvriers migrants sont victimes \u00e0 la fois de cha\u00eenes de sous-traitance qui diluent les responsabilit\u00e9s des entreprises donneuses d&#8217;ordres et de comportements discriminatoires auxquels ils n&#8217;ont pas les moyens de faire face. Si des hommes d&#8217;affaires fran\u00e7ais se retrouvent emp\u00eatr\u00e9s dans le syst\u00e8me du &#8220;sponsorship&#8221;, comment un N\u00e9palais non anglophone et \u00e0 l&#8217;inf\u00e9riorit\u00e9 int\u00e9rioris\u00e9e peut-il se sortir d&#8217;un tel syst\u00e8me? Au-del\u00e0 de l&#8217;argument &#8220;ils sont mieux pay\u00e9s que chez eux et ils ont choisi de venir&#8221;, qui permet d&#8217;\u00e9vacuer toute responsabilit\u00e9 dans le traitement des travailleurs, il importe de rendre dignes ceux qui font la richesse et la puissance du pays. Les bonnes intentions affich\u00e9es par la FIFA ou le Qatar ne doivent pas rester, une fois de plus, \u00e0 l&#8217;\u00e9tat de v\u0153u pieux. Le syst\u00e8me qui consiste \u00e0 priver les migrants de leurs droits doit cesser. Le Qatar, dont l&#8217;image est en jeu, doit renforcer ses contr\u00f4les et ne plus se d\u00e9fausser.<br \/>\nLa responsabilit\u00e9 est bien celle du Qatar, qui doit augmenter le nombre d&#8217;inspecteurs du travail \u2013 jusqu&#8217;ici 150 personnes, dont aucune ne parle les langues asiatiques. Enfin, la responsabilit\u00e9 des entreprises est aussi engag\u00e9e. Pousser des cris d&#8217;orfraie ou faire mine de d\u00e9couvrir des situations \u00e9pouvantables ne suffit pas. Il faut que les entreprises, pas seulement celles li\u00e9es \u00e0 la Coupe du monde, s&#8217;engagent concr\u00e8tement pour un traitement \u00e9thique des travailleurs et pour la remise en question du syst\u00e8me du parrainage.<\/p>\n<p><strong><span class=\"gras\" style=\"box-sizing: border-box; color: #16212c; font-family: arial, freeSans, sans-serif; line-height: 18px; background-color: #f8f9fb;\">Tristan Brusl\u00e9<\/span><span style=\"color: #16212c; font-family: arial, freeSans, sans-serif; line-height: 18px; background-color: #f8f9fb;\"> (Chercheur au CNRS (Centre d&#8217;\u00e9tudes himalayennes), programme ANR TerrFerme) <\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #16212c; font-family: arial, freeSans, sans-serif; line-height: 18px; background-color: #f8f9fb;\">source- <\/span><\/strong><span style=\"font-family: arial, freeSans, sans-serif; color: #16212c;\"><span style=\"line-height: 18px;\"><strong>http:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2013\/10\/23\/le-qatar-une-economie-qui-fabrique-des-parias_3501273_3232.html<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u25cf Tristan Brusl\u00e9 Il n&#8217;est pas de richesses sans hommes, le Qatar l&#8217;a bien compris. 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