{"id":3288,"date":"2025-09-01T15:10:10","date_gmt":"2025-09-01T15:10:10","guid":{"rendered":"https:\/\/nepalplus.com\/french\/?p=3288"},"modified":"2025-09-01T15:11:40","modified_gmt":"2025-09-01T15:11:40","slug":"les-mysteres-de-lhistoire-maurice-herzog-et-louis-lachenal-ont-ils-vraiment-atteint-le-sommet-de-lannapurna-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/nepalplus.com\/french\/content\/3288.html","title":{"rendered":"Les myst\u00e8res de l&#8217;histoire &#8211; Maurice Herzog et Louis Lachenal ont-ils vraiment atteint le sommet de l&#8217;Annapurna ?"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/nepalplus.com\/french\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/herzog-annapurna-665697-jpg_457230.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-277\" src=\"https:\/\/nepalplus.com\/french\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/herzog-annapurna-665697-jpg_457230.jpg\" alt=\"\" width=\"900\" height=\"392\" srcset=\"https:\/\/nepalplus.com\/french\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/herzog-annapurna-665697-jpg_457230.jpg 900w, https:\/\/nepalplus.com\/french\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/herzog-annapurna-665697-jpg_457230-300x130.jpg 300w, https:\/\/nepalplus.com\/french\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/herzog-annapurna-665697-jpg_457230-170x74.jpg 170w\" sizes=\"(max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><\/a>Le mythe de &#8220;Momo&#8221;, le h\u00e9ros aux doigts coup\u00e9s d\u00e9c\u00e9d\u00e9 vendredi, a \u00e9t\u00e9 \u00e9corn\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises. Retour sur un myst\u00e8re.<\/p>\n<p>Par <a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/journalistes-du-point\/nathalie-lamoureux\">Nathalie Lamoureux<\/a><\/p>\n<p>Tout n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 dit sur la conqu\u00eate de l&#8217;Annapurna. On sait que l&#8217;aventure ne s&#8217;est pas exactement d\u00e9roul\u00e9e comme Maurice Herzog l&#8217;a \u00e9crit. On sait aussi comment le conqu\u00e9rant bless\u00e9, dernier survivant, en a capt\u00e9 toute la gloire, les honneurs et le pouvoir. C\u00e9l\u00e9br\u00e9 en h\u00e9ros national dans une <a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/france\">France<\/a> en qu\u00eate de prestige, il a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 secr\u00e9taire d&#8217;\u00c9tat \u00e0 la Jeunesse et aux Sports sous De Gaulle, puis \u00e9lu d\u00e9put\u00e9, maire de Chamonix et membre du CIO. Ce que l&#8217;on sait moins, c&#8217;est que le duo a pu n&#8217;\u00eatre jamais all\u00e9 au sommet. Mais ce que l&#8217;on ignore par-dessus tout, c&#8217;est que derri\u00e8re &#8220;Momo&#8221; le h\u00e9ros fabuleux, sourire \u00e9clatant et fine moustache fa\u00e7on Clark Gable, se cache un odieux pervers, &#8220;le cannibale du sexe&#8221;. Dans <a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/livres\/felicite-herzog-une-vie-par-procuration-12-08-2012-1495246_37.php\"><em>Un h\u00e9ros<\/em>, roman juste, r\u00e9cit de sa vie et de celle de son fr\u00e8re schizophr\u00e8ne, F\u00e9licit\u00e9 Herzog<\/a> dresse un portrait gu\u00e8re flatteur de son p\u00e8re, pour qui &#8220;seuls primaient son rapport de s\u00e9duction fatale avec les femmes et leur assujettissement absolu \u00e0 sa l\u00e9gende&#8221;.<\/p>\n<p>Quelles preuves a-t-on que la cord\u00e9e de pointe est all\u00e9e jusqu&#8217;au sommet ? Une phrase de Maurice Herzog \u00e9crite dans le livre officiel (1) : &#8220;Mais oui ! Un vent brutal nous gifle&#8230; nous sommes sur l&#8217;Annapurna \u00e0 8 078 m\u00e8tres.&#8221; \u00c0 l&#8217;\u00e9poque, il n&#8217;y a pas d&#8217;altim\u00e8tre enregistreur. Cinq photos ont \u00e9t\u00e9 prises avec le Foca d&#8217;Herzog par Lachenal. On y voit le &#8220;vainqueur de l&#8217;Annapurna&#8221; posant debout sur l&#8217;ar\u00eate, en d\u00e9vers sous une corniche, brandir au bout de son piolet diff\u00e9rents drapeaux (fran\u00e7ais, n\u00e9palais, Club alpin et Kl\u00e9ber Colombes). Bizarrement, l&#8217;unique photo montrant Lachenal au sommet est floue. Surtout, sur aucune on ne voit le paysage environnant et le sommet. La description de la voie d&#8217;ascension, tr\u00e8s impr\u00e9cise, ne fournit gu\u00e8re de d\u00e9tails techniques. &#8220;On doute depuis l&#8217;origine, confie Yves Ballu, historien de la montagne. Ce qui, dans le milieu, est assez rare. La r\u00e8gle, c&#8217;est de laisser un souvenir l\u00e0-haut, un cairn, pour attester son passage. Or, au sommet de l&#8217;Annapurna, il n&#8217;y a rien.&#8221;<\/p>\n<p><strong>Les cartes \u00e9taient fausses <\/strong><\/p>\n<p>Sans en apporter la preuve, F\u00e9licit\u00e9 Herzog sugg\u00e8re l&#8217;id\u00e9e d&#8217;un &#8220;pacte inavouable&#8221;, &#8220;un mensonge de cord\u00e9e&#8221; entre les deux hommes. La mousson allait arriver. L&#8217;exp\u00e9dition avait err\u00e9 de vall\u00e9e en vall\u00e9e pendant des mois. Les cartes \u00e9taient fausses. Le 3 juin 1950, dans une course contre la montre, le duo d\u00e9cide d&#8217;aller au sommet, en pleine temp\u00eate, \u00e0 partir du dernier camp, situ\u00e9 \u00e0 7 500 m\u00e8tres. Louis craint pour ses pieds. &#8220;Si je m&#8217;en retourne, qu&#8217;est-ce que tu fais ?&#8221; lance-t-il. &#8220;Je continuerai seul&#8221;, lui r\u00e9pond Maurice, au point de laisser son compagnon devant un choix corn\u00e9lien : le suivre et risquer la mort ou redescendre et manquer \u00e0 ses devoirs de guide. Il choisit : &#8220;Alors, je te suis.&#8221; (1) Louis, au bout du rouleau, regardant &#8220;saint&#8221; Maurice, frapp\u00e9 par la vision de sainte Th\u00e9r\u00e8se d&#8217;Avila, pr\u00eat \u00e0 se jeter dans les bras de la mort, aurait pu tout aussi bien dire : &#8220;Si je prends la photo, est-ce que tu descends ? On est si pr\u00e8s.&#8221; L&#8217;ascension de l&#8217;Annapurna ne serait donc qu&#8217;une imposture ?<\/p>\n<p>L&#8217;Annapurna a co\u00fbt\u00e9 ses pieds \u00e0 Lachenal, et une partie de ses orteils et de ses doigts \u00e0 Herzog. Mais cette victoire est avant tout celle du chef. Elle avait \u00e9t\u00e9 orchestr\u00e9e de fa\u00e7on remarquable par le comit\u00e9 de l&#8217;Himalaya, domin\u00e9 par la personnalit\u00e9 autocratique de Lucien Devies, comme une grandiose entreprise nationale. \u00c0 l&#8217;origine du choix d&#8217;Herzog, gaulliste convaincu comme Devies, il y avait aussi un pr\u00e9jug\u00e9 de classe. Les guides \u00e9taient des techniciens de la glace et du rocher, plus proches socialement de l&#8217;artisan rural que du gentleman alpiniste issu d&#8217;un milieu ais\u00e9.<\/p>\n<p>Secr\u00e9taire du Club alpin, Herzog avait un poste de directeur chez Kl\u00e9ber Colombes : il avait \u00e9t\u00e9 capitaine d&#8217;un bataillon qui a combattu les nazis, il \u00e9tait de l&#8217;\u00e9toffe dont sont faits les meneurs. Une nouvelle vie commence pour lui, qu&#8217;il va consacrer \u00e0 mythifier sa flamboyante l\u00e9gende. Il va en \u00e9crire l&#8217;histoire, \u00e9vitant les voix discordantes, aid\u00e9 par le contrat d&#8217;exclusivit\u00e9 que les membres ont sign\u00e9 avant le d\u00e9part. Et c&#8217;est avec ce tr\u00e9sor (droits du livre) que la plupart des exp\u00e9ditions nationales seront financ\u00e9es jusque dans les ann\u00e9es 1970. Six mois apr\u00e8s l&#8217;\u00e9pop\u00e9e, <em>Paris Match<\/em> montre Herzog avec son unique compagnon de cord\u00e9e : un appareil photo Foca, &#8220;comme si la photo s&#8217;\u00e9tait prise toute seule&#8221; (2). C&#8217;est ainsi que commen\u00e7a l&#8217;insidieux processus qui allait conduire \u00e0 \u00e9liminer Lachenal, moins facile \u00e0 trouver dans la montagne de Chamonix que &#8220;Momo&#8221; dans les salons parisiens.<\/p>\n<p><strong>&#8220;Rong\u00e9 par les puces&#8221; <\/strong><\/p>\n<p>Pour Lachenal, il n&#8217;y eut pas de renaissance miraculeuse. Conduire vite devient une passion d\u00e9vorante. Il enrage de voir la l\u00e9gende s&#8217;\u00e9crire sans lui et d&#8217;\u00eatre pr\u00e9sent\u00e9 comme un esprit d\u00e9rang\u00e9, alors que c&#8217;est lui qui a arrach\u00e9 Maurice \u00e0 l&#8217;extase et l&#8217;a forc\u00e9 \u00e0 redescendre. Meurtri dans ses chairs, comment pouvait-il supporter le poids d&#8217;un mensonge li\u00e9 \u00e0 un renoncement, cent m\u00e8tres avant le sommet ? &#8220;M\u00eame s&#8217;il n&#8217;a eu que des miettes de la gloire, le raz-de-mar\u00e9e de notori\u00e9t\u00e9 \u00e9tait \u00e9norme, explique Yves Ballu. C&#8217;est compliqu\u00e9 de redescendre d&#8217;un pi\u00e9destal. On peut penser que Herzog, avec ses talents de s\u00e9ducteur, savait contenir ses impulsions.&#8221; Lachenal dispara\u00eet le 25 novembre 1955, dans une crevasse de la vall\u00e9e Blanche. Maurice devient tuteur de ses deux fils et contr\u00f4le, avec Devies, la publication de ses m\u00e9moires posthumes, les expurgeant de toute fausse note.<\/p>\n<p>Le couvercle de la censure tiendra jusqu&#8217;\u00e0 ce que, en 1996, les \u00e9ditions Gu\u00e9rin publient l&#8217;original du journal de Lachenal et Herzog, <em>Carnets du vertige, <\/em>qui r\u00e9v\u00e8le les souffrances de Lachenal, mais aussi les r\u00e9ussites et les erreurs du groupe. Herzog est d\u00e9crit comme r\u00e9sistant, mais pi\u00e8tre organisateur. On y trouve \u00e9galement l&#8217;humble r\u00e9alit\u00e9 de la vie ainsi que les turpitudes du quotidien. \u00c0 Karachi, dans une bergerie avec des musulmans : &#8220;Impossible de fumer leur pipe, car je mange du porc.&#8221; Lors de la retraite : &#8220;Je suis rong\u00e9 par les puces&#8221; ; &#8220;grosse envie de chier que j&#8217;ai pu satisfaire dans une bo\u00eete&#8221; ; &#8220;j&#8217;ai les couilles \u00e9cras\u00e9es contre le dos des porteurs&#8221;. Ce que Louis tenait aussi \u00e0 exprimer, c&#8217;\u00e9tait une vision de l&#8217;alpinisme : &#8220;La montagne n&#8217;\u00e9tait pas mon occupation du dimanche, c&#8217;\u00e9tait ma vie \u00e0 moi.&#8221; Or, pour &#8220;saint&#8221; Maurice, la conqu\u00eate de l&#8217;Annapurna \u00e9tait plus que cela, une mission divine qui engageait l&#8217;honneur national. L&#8217;euphorie mystique qui s&#8217;est empar\u00e9e de lui au sommet ne le quittera plus jamais. Plus jamais il ne redescendra de son pi\u00e9destal.<\/p>\n<p><strong>La statue se fissurait <\/strong><\/p>\n<p>La publication des nouveaux <em>Carnets du vertige<\/em> co\u00efncide avec celle de la biographie de Gaston R\u00e9buffat par Yves Ballu. Le guide marseillais de &#8220;Cham'&#8221; supportait mal cette \u00e9pop\u00e9e nationale aux accents guerriers, \u00e0 l&#8217;oppos\u00e9 de sa philosophie h\u00e9doniste de la montagne. Herzog s&#8217;\u00e9tait gel\u00e9 les mains, parce qu&#8217;il avait perdu ses gants et qu&#8217;il n&#8217;a pas pens\u00e9 \u00e0 utiliser une paire de chaussettes dont il disposait dans son sac. &#8220;Ah, tout aurait \u00e9t\u00e9 diff\u00e9rent si Maurice, au lieu de perdre ses gants, avait perdu ses drapeaux ! Si un jeune va au Mont-Blanc, perd ses gants et se g\u00e8le, on dit que c&#8217;est un imb\u00e9cile qui n&#8217;a que ce qu&#8217;il m\u00e9rite. Et l&#8217;autre, \u00e0 l&#8217;Annapurna, il devient ministre.&#8221; (3) Ballu raconte que, d\u00e8s 1951, Lachenal voulait rompre le serment du silence. Il avait pr\u00e9par\u00e9 son propre r\u00e9cit de l&#8217;exp\u00e9dition. <em>Le Monde <\/em>accepta de le publier, mais, inform\u00e9, le Comit\u00e9 de l&#8217;Himalaya mena\u00e7a de le virer de l&#8217;\u00c9cole nationale de ski et d&#8217;alpinisme. Et lorsqu&#8217;il s&#8217;adressa \u00e0 <em>L&#8217;Humanit\u00e9<\/em>, une lettre recommand\u00e9e d&#8217;Herzog arr\u00eata la publication. T\u00e9moin essentiel, Philippe Cornuau, alpiniste et journaliste, fut le n\u00e8gre de Lachenal. Il pensait que le duo n&#8217;avait pas atteint le sommet, mais il est mort avant de s&#8217;en expliquer.<\/p>\n<p>Toutes ces r\u00e9v\u00e9lations d\u00e9mythifi\u00e8rent l&#8217;exploit et r\u00e9habilit\u00e8rent les trois guides (Lachenal, R\u00e9buffat et Terray), royalement oubli\u00e9s. La statue se fissurait, mais cela n&#8217;emp\u00eacha pas Maurice de dormir sur ses deux oreilles ni de r\u00e9\u00e9crire l&#8217;histoire, sans aucun scrupule, puisque la soci\u00e9t\u00e9 le tenait en estime. La sortie de <em>L&#8217;autre Annapurna<\/em> rallume les braises. Le livre, tr\u00e8s pr\u00e9tentieux, est tourn\u00e9 en ridicule par la presse, \u00e0 l&#8217;exception du <em>Figaro<\/em>. Maurice se pose en martyr de son triomphe et change de version. Il ne s&#8217;est pas gel\u00e9 les doigts car ses gants lui ont \u00e9chapp\u00e9 sur la pente, il les a perdus parce qu&#8217;il a racl\u00e9 la neige \u00e0 mains nues pour retrouver les souliers dans la crevasse et aider ses compagnons. De ses mains mutil\u00e9es, il fait son b\u00e2ton de mar\u00e9chal. Il avait cette fa\u00e7on impudique de les exhiber, comme pour les rendre comparables aux stigmates du Christ. Sans doute devait-il en passer par l\u00e0 pour supporter sa condition.<\/p>\n<p><strong>&#8220;Un sexe bien dur qui te fera jouir&#8221; <\/strong><\/p>\n<p>En 2006, Gu\u00e9rin publie une enqu\u00eate du journaliste David Roberts qui restitue toute la complexit\u00e9 de cette exp\u00e9dition, sans pour autant tailler en pi\u00e8ces la l\u00e9gende. Avec le livre de F\u00e9licit\u00e9 Herzog, l&#8217;histoire prend une autre dimension. Son approche du versant intime r\u00e9v\u00e8le la face sombre du s\u00e9ducteur forcen\u00e9. \u00c0 c\u00f4t\u00e9, DSK est un saint ! &#8220;Le processus commen\u00e7a par les filles au pair, un lent man\u00e8ge d&#8217;Anglaises et d&#8217;Autrichiennes. [&#8230;] Les vestales montaient la garde aupr\u00e8s de ce moloch de l&#8217;Himalaya [&#8230;], consacrant leurs talents aux manifestations c\u00e9l\u00e9brant sa gloire, pour \u00eatre t\u00f4t ou tard supplant\u00e9es par une nouvelle adoratrice pleine d&#8217;\u00e9nergie, touch\u00e9e par la gr\u00e2ce d&#8217;un \u00eatre si valeureux. Maurice n&#8217;est plus un p\u00e8re le jour o\u00f9 il murmure \u00e0 l&#8217;oreille de sa fille, \u00e2g\u00e9e de 13 ans, alors allong\u00e9e comme une sir\u00e8ne sur un rocher : <em>Tu verras, ma petite, comme toutes les femmes, c&#8217;est cela que tu aimeras, un sexe dur qui te fera jouir<\/em>.&#8221; Il prend des clich\u00e9s. Lorsque sa nouvelle femme les d\u00e9couvre, elle l\u00e2che : &#8220;Non, non, Maurice&#8230; Maurice&#8230; Non, pas ta fille !&#8221; Sc\u00e8ne primitive rude. F\u00e9licit\u00e9, que nous avons rencontr\u00e9e, explique : &#8220;Il ne se rendait plus compte des limites. Il \u00e9tait dans la transgression permanente.&#8221;<\/p>\n<p>Herzog a toujours ni\u00e9 avoir embelli ou falsifi\u00e9 les faits, ou encore exerc\u00e9 la censure. \u00c0 93 ans, le h\u00e9ros malmen\u00e9 s&#8217;est mur\u00e9 dans sa l\u00e9gende dor\u00e9e, soutenu par un cercle d&#8217;inconditionnels, pas toujours de bon conseil, qui auraient mieux fait de le dissuader d&#8217;\u00e9crire, et par de bonnes f\u00e9es qui perp\u00e9tuent la l\u00e9gende. \u00c0 l&#8217;image de la biographie de Catherine de Baecque, championne de lancer de marteau au destin bris\u00e9, que Maurice a fait &#8220;rena\u00eetre \u00e0 la vie&#8221;. Elle est sa &#8220;petite Katia&#8221;, &#8220;sa fille de coeur&#8221;. Beaucoup y ont vu l&#8217;oeuvre d&#8217;une concubine \u00e0 la botte d&#8217;Herzog. Interrog\u00e9e, Catherine, qu&#8217;un demi-si\u00e8cle s\u00e9pare de Maurice, d\u00e9crit un amour filial et se d\u00e9fend d&#8217;avoir couch\u00e9 avec l&#8217;int\u00e9ress\u00e9. Son livre n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 appr\u00e9ci\u00e9 par l&#8217;entourage de Maurice Herzog. Celui de F\u00e9licit\u00e9 r\u00e9veille les consciences. V\u00e9ritable cri du coeur ultime et sinc\u00e8re pour ce p\u00e8re qui l&#8217;a abandonn\u00e9e, le livre de F\u00e9licit\u00e9 a le m\u00e9rite de r\u00e9tablir une certaine v\u00e9rit\u00e9 et de r\u00e9v\u00e9ler les ravages du culte du h\u00e9ros.<\/p>\n<p>(1) <em>Annapurna, premier 8 000 <\/em><\/p>\n<p>(2) <em>Une affaire de cord\u00e9e <\/em><\/p>\n<p>(3) <em>Les ann\u00e9es montagne, une histoire d&#8217;alpinisme au XIXe si\u00e8cle <\/em><\/p>\n<p><strong>\u00c0 lire<\/strong><\/p>\n<p><em>Un h\u00e9ros<\/em> par F\u00e9licit\u00e9 Herzog, roman, Grasset, 2012.<\/p>\n<p><em>Maurice Herzog, le survivant de l&#8217;Annapurna<\/em>, par Catherine de Baecque, Arthaud, 2012.<\/p>\n<p><em>Les ann\u00e9es montagne, une histoire d&#8217;alpinisme au XIXe si\u00e8cle<\/em>, par Jean-Michel Asselin, Gl\u00e9nat, 2012.<\/p>\n<p><em>La conjuration du Namche Barwa<\/em>, roman, d&#8217;Yves Ballu, Gl\u00e9nat, 2009.<\/p>\n<p><em>L&#8217;autre Annapurna<\/em> de Maurice Herzog, Robert Laffont, 1998.<\/p>\n<p><em>Annapurna, une affaire de cord\u00e9e <\/em>de David Roberts, Gu\u00e9rin, 1996.<\/p>\n<p><em>Les carnets du vertige <\/em>de Louis Lachenal et G\u00e9rard Herzog, Gu\u00e9rin 1996.<\/p>\n<p>\u00c0 D\u00e9couvrir <strong>Le Kangourou du jour <a href=\"https:\/\/kangourou.lepoint.fr\">R\u00e9pondre <\/a><\/strong><em>Annapurna, premier 8 000 <\/em>de Maurice Herzog, Arthaud, 2005.<\/p>\n<p>Publi\u00e9 le 30\/08\/2012 \u00e0 13h53<\/p>\n<p>(Source principale de cet article :<\/p>\n<p>https:\/\/www.lepoint.fr\/culture\/les-mysteres-de-l-histoire-maurice-herzog-et-louis-lachenal-ont-ils-vraiment-atteint-le-sommet-de-l-annapurna-30-08-2012-1500776_3.php)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le mythe de &#8220;Momo&#8221;, le h\u00e9ros aux doigts coup\u00e9s d\u00e9c\u00e9d\u00e9 vendredi, a \u00e9t\u00e9 \u00e9corn\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises. Retour sur un myst\u00e8re. Par Nathalie Lamoureux Tout n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 dit sur la conqu\u00eate de l&#8217;Annapurna. On sait que l&#8217;aventure ne s&#8217;est pas exactement d\u00e9roul\u00e9e comme Maurice Herzog l&#8217;a \u00e9crit. 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